Les Médecins de Colonisation : Algérie 1830-1962

Les visiteurs pourront, au cours de leur déambulation, découvrir un panorama sur l’état sanitaire de la Régence Ottomane lors de l’arrivée des troupes françaises et prendre conscience de l’œuvre immense entreprise progressivement par la France dans ce domaine.

Ils pourront ainsi constater qu’après quatre siècles d’occupation ottomane n’existait qu’un désert médical, terrain fertile au développement de terribles épidémies.

Dès l’occupation militaire et l’arrivée des premières vagues de migrants, les dégâts sanitaires ont failli mettre un terme au projet de colonisation de l’Algérie.

Les services de santé de l’armée vont vite réagir et commencer à mettre en place des structures de soins quadrillant le territoire, et ouvertes à tous, militaires, colons et autochtones.

Le Service de Médecine coloniale est ainsi créé le 21 janvier 1853. Il s’inscrit dans la suite de l’œuvre médicale militaire et a pour mission d’organiser les soins aux civils et surtout la prévention sanitaire.

Le recrutement des médecins coloniaux s’avère au début difficile en raison des contraintes imposées, de la multiplicité des missions exigées, de l’austérité des conditions d’exercice et du maigre salaire offert.

Toutefois, rien ne rebutera ces hommes dévoués à leurs malades, qui n’ont jamais compté ni leur peine ni leur fatigue.

Devant l’ampleur des tâches à accomplir, les médecins de colonisation seront assistés par le corps des auxiliaires médicaux indigènes, créé en 1903, infirmiers musulmans formés dans le cadre de l’hôpital universitaire Mustapha à Alger. Suivra en 1904 le corps des infirmières spécialisées dans l’assistance médicale aux mères et aux nourrissons.

Est également mise en lumière, l’action des infirmières religieuses chrétiennes qui dès 1935 vont aider le corps médical militaire puis civil, notamment au sein des hôpitaux.

La lecture des récits des médecins de colonisation, tirés des archives d'époque du CDHA, met en relief une situation déséquilibrée entre les responsabilités immenses et les moyens mis à disposition, insuffisants voire inexistants.

Parallèlement à l’action sur le terrain, les chercheurs, notamment de l'Institut Pasteur d'Alger, font des découvertes essentielles et proposent des traitements qui s’avèrent à la pointe de la médecine et dont toute la population bénéficiera, de la ville à la plus isolée des mechtas.

Les résultats de cette politique de santé dynamique se traduisent par l’éradication de certaines maladies, le ralentissement des ravages causés par d’autres, et la courbe de croissance ascensionnelle de la population musulmane en moins d’un siècle.

On apprend ainsi, que la France a mis en place, en Algérie, une organisation de la santé publique tout à fait originale, sachant mettre en osmose la médecine sociale, la médecine libérale, les hôpitaux, l’université et les instituts de recherche.

Cette réussite, elle la doit en grande partie au dévouement de ses médecins fonctionnaires, relayé par celui de l’ensemble de la profession.

C’est à tous ces hommes inconnus ou illustres que cette exposition rend hommage.